Robert Hirsch, comédien
« Robert Hirsch est un acteur prodigieux, un acteur de génie qui s’apparente aux plus grand de toujours.
Sa puissance comique est énorme. Il a le théâtre en lui. Du vif argent coule dans ses veines. Il risque tout, de toutes manières, à tout instant, se soucie peu de se rompre les os. Ses moindres intonations prennent de la valeur. Chacun de ses gestes a de l’importance. Ses silences, du relief. Sa façon de s’étaler, l’écart de ses enjambées, tout compte, tout est intelligent. Il s’élance, il bondit, il est dans les airs. Il ne faut pas le perdre de vue un instant parce que c’est le moment où il va changer de rythme et jouer l’immobilité.
Cette fois, c’est la façon dont il tord la bouche qu’il conviendra de remarquer ou un roulement de prunelles, un rire « dents blanches » au milieu d’un visage de nuit. Il possède au besoin une voix tonitruante. Il s’en sert. Il la nuance. Il glapit, il braille, il susurre. Il en fait ce qu’il veut.
Tout à l’heure, il n’était que galipettes et cabrioles, mouvement, action. Maintenant, on doit admirer la savante respiration de son texte, le phrasé expressif.
…Hirsch se situe bien au-delà de toutes les théories, même les plus justifiées. Il peut tout se permettre. Encore une fois, c’est un phénomène des planches, comme naguère Raimu, par exemple.
….Impressionnant, fascinant. Eh bien ! Robert Hirsh, c’est du feu. Qui brûle sur scène. »
(Jean-Jacques Gautier « deux fauteuils d’orchestre », Flammarion, 1962)
